Le calcul du salaire à 80 % part d’une règle simple : le brut vaut 80 % du brut à temps plein, pour 28 heures par semaine au lieu de 35. Cela représente environ 121,33 heures par mois, contre 151,67 heures à temps plein. Le net suit à peu près la même proportion, sauf dans la fonction publique, où un 80 % est payé 6/7e du traitement, soit environ 85,7 %.
Calcul du salaire à 80 % : la formule de base
La formule tient en une ligne : brut à temps plein x 0,8. Un salarié payé 2 000 € brut à temps plein touche donc 1 600 € brut à 80 %. Le salaire d’un temps partiel est proportionnel à celui d’un temps complet, à qualification égale et pour un emploi équivalent.
Les heures se calculent de la même façon. À 28 heures par semaine, le total mensuel est de 28 x 52 / 12, soit 121,33 heures, à comparer aux 151,67 heures de la mensualisation à temps plein.
Si vous ne connaissez que votre taux horaire, multipliez-le par ces 121,33 heures. Au SMIC, fixé en 2026 à 12,31 € brut de l’heure, le résultat est d’environ 1 493,60 € brut par mois, ce qui correspond bien à 80 % du SMIC mensuel de 1 867,02 € brut.
Du brut au net à 80 % : une baisse dans la même proportion
Les cotisations salariales sont des pourcentages du brut. Le net baisse donc dans la même proportion que le brut, et le salaire net à 80 % représente environ 80 % du net à temps plein. Pour le détail de la conversion, voir le passage du brut au net sur un exemple à 1 900 €.
Le taux de cotisation dépend du statut : un cadre cotise plus qu’un non-cadre, comme le montre l’écart de cotisations entre cadre et non-cadre. Quelques euros d’écart peuvent aussi venir d’une mutuelle à montant forfaitaire ou du taux de prélèvement à la source, qui peut baisser avec le revenu.
Exemples chiffrés de salaire à 80 % : du SMIC à 3 000 € brut
Le tableau applique la formule à trois salaires de départ. Le net est une estimation pour un non-cadre, calculée avec une hypothèse de 22 % de cotisations salariales : ce taux est un ordre de grandeur, à remplacer par celui de votre bulletin de paie.

| Brut à temps plein | Brut à 80 % | Net estimé à 80 % |
|---|---|---|
| 1 867,02 € (SMIC 2026) | 1 493,62 € | environ 1 165 € |
| 2 000 € | 1 600 € | environ 1 248 € |
| 3 000 € | 2 400 € | environ 1 872 € |
Pour comparer avec une quotité plus faible, consultez le salaire net à mi-temps, qui applique le même raisonnement à 50 %.
Fonctionnaire à 80 % : la règle des 6/7e
Dans la fonction publique d’État, la proportionnalité ne s’applique pas à 80 % et 90 %. Un agent à 80 % est payé 6/7e du temps plein, soit environ 85,7 %, et un agent à 90 % est payé 32/35e, soit environ 91,4 %.

Pour un traitement de 2 000 € à temps plein, un agent à 80 % touche 2 000 x 6/7, soit 1 714,29 € brut, contre 1 600 € dans le privé. L’écart de 114,29 € s’applique au traitement indiciaire, aux primes, à l’indemnité de résidence, au supplément familial de traitement et à la NBI, tous réduits dans cette proportion.
Les enseignants relevant d’un régime d’obligations de service ont une formule propre, de la forme (quotité x 4/7) + 40, pour les quotités entre 80 % et 90 %.
Primes et heures complémentaires à 80 %
Une prime ne suit pas toujours le prorata. Selon sa nature et la convention collective, elle est réduite à 80 %, versée en entier ou calculée sur le salaire de base : la réponse se trouve dans le contrat et la convention applicable.
Les heures complémentaires s’ajoutent aux 28 heures du contrat. Elles sont limitées à 1/10e de la durée prévue, soit 2,8 heures par semaine, et un accord peut relever cette limite à 1/3.
- Chaque heure dans la limite du dixième est majorée de 10 %.
- Chaque heure au-delà du dixième, dans la limite du tiers, est majorée de 25 %.
Le salarié peut refuser des heures dont il est prévenu moins de 3 jours à l’avance, ou qui dépassent les limites de son contrat.
Salaire à 80 % et retraite : les droits en jeu
Un salaire plus bas réduit la base de calcul de la pension. Pour mesurer l’effet sur vos droits, la estimation de vos droits à la retraite détaille la méthode. Les caisses de retraite renseignent sur les options pour cotiser davantage.
Dans la fonction publique d’État, la surcotisation permet d’obtenir au plus 4 trimestres supplémentaires. À 80 %, elle dure 5 ans au maximum avec un taux de 16,68 %, contre un taux normal de 11,10 %. À 90 %, elle dure 10 ans au maximum au taux de 13,89 %.
Le coût de cette surcotisation se compare au gain de trimestres avant de la demander. Un simulateur de la caisse concernée donne le chiffre exact pour une carrière donnée.

