Le prix or 9 carats repose sur une formule fixe que tout bijoutier ou comptoir applique de la même façon : poids du bijou multiplié par le titre en or pur multiplié par le cours du métal au moment de la transaction. Comprendre chacune de ces trois variables permet de vérifier soi-même l’estimation reçue et de comparer les offres sans se laisser surprendre.
Le titre 375 millièmes : ce que signifie l’or 9 carats
Le carat est une unité de pureté, pas de poids. Il exprime la fraction d’or pur contenue dans un alliage sur une base de 24 parties. L’or 9 carats contient donc 9 parties d’or pour 15 parties de métaux d’alliage (cuivre, argent, zinc selon la couleur souhaitée).
En langage millésimal, utilisé sur les poinçons européens, cela correspond à 375 millièmes, soit 37,5 % d’or pur dans la masse totale du bijou. Ce chiffre est gravé directement sur l’ouvrage sous la forme du poinçon 375, reconnaissable à son contour en losange dans la réglementation française.
L’or 18 carats, plus courant en bijouterie française, affiche 750 millièmes. La différence de teneur explique à elle seule l’écart de valeur entre deux bijoux de même poids portant des titres différents.
Cours de l’or et gramme fin : la base du calcul
Le cours de l’or est exprimé en prix par once troy ou par gramme d’or pur à 999 millièmes. Ce cours fluctue en continu selon les marchés internationaux ; il change donc chaque jour ouvré, parfois plusieurs fois par heure.
Pour calculer la valeur métal d’un bijou en or 9 carats, on part systématiquement du cours du gramme d’or pur, puis on l’ajuste au titre réel. Un gramme d’or à 375 millièmes ne vaut que 37,5 % du prix d’un gramme d’or pur. C’est ce qu’on appelle le gramme fin : la quantité effective d’or pur contenue dans le bijou.
La formule s’écrit ainsi :
- Poids total du bijou (en grammes, pierres et éléments non précieux déduits si possible) multiplié par 0,375 donne le poids en grammes fins d’or pur.
- Ce poids fin multiplié par le cours du gramme d’or pur donne la valeur métal brute du bijou.
- Le professionnel applique ensuite sa marge de rachat ou de vente, qui varie d’un comptoir à l’autre.
Poids réel et poids apparent : un point souvent sous-estimé

La balance ne ment pas, mais elle ne dit pas tout. Le poids affiché est celui du bijou dans son ensemble : métal, pierres serties, fermoir, éventuelles dorures sur d’autres métaux. Or, seul le poids de métal précieux entre dans le calcul de la valeur en or.
Un bracelet serti de pierres peut peser significativement plus sur la balance que sa teneur réelle en or ne le justifie. Un bijou plaqué or, même épais, ne contient qu’une infime couche de métal précieux sur un support en laiton ou en argent : sa valeur or est quasi nulle malgré une apparence dorée convaincante.
Pour une estimation fiable, le professionnel déduit le poids estimé des pierres ou démonte le bijou si sa construction le permet. Dans le cas contraire, il applique une décote sur le poids total pour tenir compte des éléments non valorisables.
Valeur métal et prix affiché : deux calculs distincts
Acheter un bijou neuf en or 9 carats et le revendre sont deux opérations qui obéissent à des logiques différentes. Le prix de vente d’un bijou neuf intègre le coût de fabrication, les pertes de matière pendant l’usinage, l’emballage, la marge du détaillant et parfois la valeur d’une signature ou d’une marque. Deux bijoux de même poids et de même titre peuvent donc afficher des prix très différents en vitrine.
À l’inverse, lors d’un rachat de bijoux en or, seule la valeur métal sert de base. L’arrêté du 18 août 2015, rappelé par la DGCCRF, impose aux professionnels qui rachètent des métaux précieux à des particuliers d’afficher clairement leurs prix d’achat. Une mention vague « au cours de l’or » ne suffit pas : le prix proposé par gramme pour chaque titre doit être visible.
Cette obligation permet de comparer les offres de différents comptoirs avant de conclure une vente.
Ce qui fait varier le prix proposé par les bijoutiers
A valeur métal identique, deux bijoutiers peuvent proposer des offres différentes. Plusieurs facteurs expliquent cet écart :
- La marge de rachat appliquée sur la valeur métal varie selon les structures de coût de chaque professionnel. Certains comptoirs spécialisés dans le rachat d’or travaillent avec des marges plus serrées qu’une bijouterie traditionnelle.
- L’état et l’intérêt du bijou : un bijou signé, ancien ou recherché peut valoir davantage que son seul poids en métal. Dans ce cas, sa valeur artistique ou patrimoniale s’ajoute à la valeur métal, ce que le simple calcul poids-titre-cours ne reflète pas.
- Le cours du jour au moment précis de l’estimation : un bijou estimé un mardi matin peut avoir une valeur métal différente de la même pièce estimée le vendredi après-midi si le cours a bougé entre-temps.
Lire le poinçon pour identifier l’or 9 carats
En France, tout ouvrage en métal précieux mis sur le marché doit porter un poinçon de garantie. Pour l’or 9 carats, ce poinçon mentionne le titre 375. Il est apposé par le fabricant ou par le bureau de garantie compétent et atteste que l’alliage respecte bien la teneur déclarée.
Le poinçon renseigne sur le titre et identifie le responsable de l’ouvrage, mais il ne donne pas le poids du bijou, ni l’état de ses pierres, ni sa valeur de revente. C’est pourquoi un poinçon seul ne suffit jamais à établir un prix : il faut toujours peser le bijou et connaître le cours du jour pour compléter le calcul.
Depuis le 1er juillet 2025, les dispositions relatives à la garantie des métaux précieux ont été intégrées dans le Code de commerce, sans modification de la formule de calcul ni des titres reconnus.
Pour estimer la valeur d’un bijou en or 9 carats, la démarche reste donc la même : identifier le poinçon 375, peser l’ouvrage, consulter le cours du gramme d’or pur du jour, et appliquer le coefficient 0,375. Le résultat donne la valeur métal brute, avant toute négociation avec le professionnel.

